dimanche 5 avril 2009

Plume et la nuit

Plume sort. C’est ce qu’il préfère dans la vie.
Les arbres se transforment. Il s’agitent, veulent le suivre. Leurs racines sont trop solides.
Le vent lui caresse le visage. Puis, voyant que Plume ne réagit pas, ne répond pas à sa tendresse, le vent se vexe et se venge. Il envoie des vagues de froides aiguilles.
Plume pleure. Il ne veut pas du malheur. Plume pleure et la nuit le serre dans ses bras. Plume pleure, mais un peu moins, puis plus du tout.
Plume revient et, pour la première fois dans sa vie, entre.
Changement de décors, chemin sinueux. Arrivé à la bifurcation, Plume doit choisir. Il se dit : «Pourquoi ne pas dire oui ?»
Plume devient heureux. Le temps passe. Un ange vient lui serrer la main, puis s’envole. Le temps repasse. Plume se dit : «Tiens, il fait des allers et des retours. Quand est le prochain train ?»
Plume est fatigué. Le temps n’a pas arrêté de passer, repasser, dépasser partir, revenir. Plume retrouve son habitude : il sort. Il n’est plus seul. La lune les suit des yeux. La pluie semble hésiter à les mouiller.
Plume est dispersé par le vent qui est revenu. Il se promène dans la rue, sur la route.
Les lumières dansent. Bienvenue dans le bal nocturne !
Plume marche, puis saute, cours. Il s’arrête. Une bouche d’égout le regarde d’un air agressif. Elle grogne, puis glisse sous son pied.
Plume embrasse le bitume. Des cailloux plein les dents, il se dit que ce n’est pas si mauvais, juste beaucoup plus croustillant que tout ce qu’il a mangé jusque là.
Plume se relève et reprend son chemin. Il doit chercher une maison libre, puisque la sienne a disparu.
Il arrive devant, prend ses clefs. Ouvre la porte, derrière il y a son lit. Plume réfléchit et se dit qu’il a de la chance de posséder un lit qui sache prendre le train.
Il se couche. S’endort. Il doit dormir. Il doit être en forme. Demain, c’est la révolution.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire