Je n’ai jamais vraiment su quand j’étais né.
Enfin, ce que je veux dire, c’est que la version officielle des faits, celle qui est marquée sur l’Etat Civil, donne comme date le 20 octobre 1988. Là où ça se corse, c’est que j’ai trouvé parmi les papiers de ma mère, un certificat de naissance écrit de la main du médecin datant de 1986.
Connaissant les difficultés que mes parents ont traversées avant de m’avoir – ils avaient même envisagé la fécondation artificielle, je me suis longtemps demandé si mes parents étaient vraiment le miens. J’avais maintenant une autre sujet d’interrogation : étais-je né en 1988 ou non ?
Puis le temps a passé, cette histoire s’est effacée de ma mémoire. Jusqu’à ce jour, où on a sonné à la porte de mon appartement.
J’ai ouvert. Sur le seuil, il y avait un homme. Il semblait nerveux, mais pas angoissé, plutôt confiant au contraire. Le genre de type qui fait des enquêtes au porte-à-porte pour savoir si on préfère les flans vanille-cassis ou framboise-melon, ou si la dernière lessive –nouvelle formule ! – qui lave même si on fait des nœuds et qui rend le linge blanc et doux nous satisfait.
Je me fais la réflexion que je vais sans doute finir par lui claquer la porte au nez. Même si c’est pas sympa, aujourd’hui n’est pas le bon jour pour venir m’interroger sur mes préférences culinaires ou la douceur de mon linge.
Il commence :
« Je suis bien chez Monsieur… ? »
Je me dis tiens, les enquêteurs n’ont-ils pas au moins de quoi noter les réponses des gens ? Il doit avoir une bonne mémoire, celui-là, il n’a rien, juste ce bout de feuille où est griffonné mon nom… »
Il semble attendre quelque chose… ? Ah oui, je ne lui ai toujours pas répondu.
Je lui murmure un “oui“ tout sauf engageant. Il ne s’en formalise pas et me demande s’il peut entrer quelques instants. Je lui cède le passage. Il entre, s’avance puis s’arrête. Je lui propose de s’installer dans le salon. Je vais chercher des tasses et du café dans la cuisine. Nous nous asseyons. Il regarde sa tasse fixement, il ne se sait visiblement pas quoi dire, par où commencer. Il parait se décider, prend une longue inspiration et se lance.
Enfin, ce que je veux dire, c’est que la version officielle des faits, celle qui est marquée sur l’Etat Civil, donne comme date le 20 octobre 1988. Là où ça se corse, c’est que j’ai trouvé parmi les papiers de ma mère, un certificat de naissance écrit de la main du médecin datant de 1986.
Connaissant les difficultés que mes parents ont traversées avant de m’avoir – ils avaient même envisagé la fécondation artificielle, je me suis longtemps demandé si mes parents étaient vraiment le miens. J’avais maintenant une autre sujet d’interrogation : étais-je né en 1988 ou non ?
Puis le temps a passé, cette histoire s’est effacée de ma mémoire. Jusqu’à ce jour, où on a sonné à la porte de mon appartement.
J’ai ouvert. Sur le seuil, il y avait un homme. Il semblait nerveux, mais pas angoissé, plutôt confiant au contraire. Le genre de type qui fait des enquêtes au porte-à-porte pour savoir si on préfère les flans vanille-cassis ou framboise-melon, ou si la dernière lessive –nouvelle formule ! – qui lave même si on fait des nœuds et qui rend le linge blanc et doux nous satisfait.
Je me fais la réflexion que je vais sans doute finir par lui claquer la porte au nez. Même si c’est pas sympa, aujourd’hui n’est pas le bon jour pour venir m’interroger sur mes préférences culinaires ou la douceur de mon linge.
Il commence :
« Je suis bien chez Monsieur… ? »
Je me dis tiens, les enquêteurs n’ont-ils pas au moins de quoi noter les réponses des gens ? Il doit avoir une bonne mémoire, celui-là, il n’a rien, juste ce bout de feuille où est griffonné mon nom… »
Il semble attendre quelque chose… ? Ah oui, je ne lui ai toujours pas répondu.
Je lui murmure un “oui“ tout sauf engageant. Il ne s’en formalise pas et me demande s’il peut entrer quelques instants. Je lui cède le passage. Il entre, s’avance puis s’arrête. Je lui propose de s’installer dans le salon. Je vais chercher des tasses et du café dans la cuisine. Nous nous asseyons. Il regarde sa tasse fixement, il ne se sait visiblement pas quoi dire, par où commencer. Il parait se décider, prend une longue inspiration et se lance.
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