« L'heure sonne. Nous sommes prêts, les lumières sont éteintes autour de nous, on n'entend plus un bruit. Quelques effleurements, des halètements légers et épars parsèment le silence qui règne depuis quelques instants. On se regarde, on se voit, on se sent, on se sait, personne n'a besoin de parler. Les poitrines se soulèvent de façon régulière comme à l'unisson et aspirent l'air avec un calme renouvelé. Bientôt, deux fronts vont se faire face. Bientôt les corps des uns vont s'ouvrir aux regards des autres. Peut-être cela sera l'inverse. Bientôt, ce que nous attendons autant que nous redoutons tous depuis le début va avoir lieu.
Dans la salle, l'atmosphère est étouffante, et une pointe d'anxiété semble naître devant moi. Où bien peut-être est-ce mon propre corps? Je commence à ne plus plus trop savoir qui des autres ou de moi-même s'avance. Est-ce mon propre souffle que j'entends? Est-ce mon bras qui se lève aussi promptement?
Dans cette confusion naissante,je sens quelques frôlements de mains. J'identifie leur texture, leur chaleur, je crois que j'ai un peu peur. Mais je ne suis pas seule. Je ne suis pas seule à avoir peur, du moins je crois. Les secondes s'égrènent, mes pensées défilent à toute vitesse, je ne sais plus où sont mes repères. Je me sens une, je me sens quatre, je me sens mille. Je me perds dans cette rencontre unique, dans cet instant précieux et éphémère. Je doute de mon propre corps, de se frontière, de son contact avec l'air, je me prolonge dans le corps des autres; nous ne formons qu'une unité pensante et articulée. »
Floriane, 2.2.11
Floriane, 2.2.11
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire