lundi 4 janvier 2010

Deux : abscence populaire.

Aïe, c'est si petit ici ! Si clos, je suis même enfermé à clef. Juste quatres murs. Pourtant, je suis bien. Je n'ai pas mal aux jambes, je suis assis, mais surtout, je ne suis pas pressé. Je peux me laisser aller, doucement et aussi longtemps qu'il me plaira.
Mais, d'un coup, je sens que ça arrive, pour contracter tout mon corps.
Moment de tension, de plus en plus fort, durant quelques secondes. Ouf, ça y est, mon corps se dilate, se relache. Je suis à présent léger et détendu.

Il y a aussi une petite fenêtre ici, toute petite, qui donne sur l'extérieur. Dehors, je vois deux petits carrés d'herbes qui ondulent. Il y a du vent, les vagues vertes parcourent un brin de chemin pour aller se briser sur de petites racines marrons. Des insectes verts et des insectes noirs s'y activent, s'y pressent. J'arrive même à les deviner portant un lourd fardeau, et se pressant avant la tombée de la nuit.
Au dessus d'eux, quelques chenilles rampent le long d'un tronc d'arbre à l'écorce craquelée, et à l'air si solide. Enfin, plus haut encore, la base des branches. Des branches longues et fières qui flottent sur le vent comme flotte un étendard. Elles semblent vouloir s'envoler, mais sont prisonnières du vieux tronc. On n'aperçoit pas le bout de ces branches. Tiens, oui, c'est vrai, jamais on ne peut apercevoir le bout des branches de ce type d'arbre. Sauf peut-être en hivers, lorsque les feuilles dégringolent. Mais là, elles sont bien présentes, épaisses et dodues, d'un vert luisant. Elles forment comme une épaisse chevelure bouclée qui protège l'arbre du soleil qui se met à briller trop fort certains jours d'été. Aujourd'hui, ça va. l'astre solaire ne semble pas en colère. Sa lumière est forte, mais pas excessive. On peut même distinguer quelques nuages blancs, noyés dans un océan de bleu azur. Ils sont là, à passer lentement, comme s'ils se fichaient qu'on les regarde ou pas. Oui, s'ils sont là, c'est que le soleil le veut bien, qu'il est de bonne humeur. Tout à vraiment l'air tranquille là haut.

Je ne sais pas si c'est le son terrible que fait la personne qui tambourine tout d'un coup à ma porte plus que cette odeur déplaisante arrivant à mes narines qui me tire hors de cette rêverie, mais je reprends conscience de ce qui m'entoure. J'éprouve une sensation de froid et d'engourdissement dans mes jambes. Elles sont lourdes et je crois que je n'ai plus d'orteils. De toute façon, je dois y aller, m'en aller laisser la place.
Alors, je fais ce qu'il faut faire, je me lève, tire la chasse d'eau et je m'en vais.
L'autre rentre, bon voyage.

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